Gardien de hand
Hé oui, je me suis vraiment remis au sport. Au handball précisément. Je suis gardien de but. Pendant le temps que dur l'entraînement et le match qui suit (si on est assez nombreux), je me concentre sur mon jeu, j'oublie tout. A chaque fois, j'essais de progresser, d'apprendre de mes expériences.
Mais, il n'y a pas que ça, j'aime jouer. J'aime suivre le ballon des yeux, le regarder passer de mains en mains. J'aime quand une attaque se développe vers mon but. J'essais de lire le jeu, j'essais de deviner les intentions. Les attaquants vont-ils réussir à se créer une occasion? Comment vont réagir les défenseurs? Seront-ils bien placés? Puis, l'attaquant arme son tir. J'aime ce moment, ce face à face. La concentration est au maximum. Comment va-t-il tirer? Même s'il y a de nombreux joueurs sur le terrain, une phase de tir est un duel. Il n'y a plus que l'attaquant et le gardien. Parfois un défenseur intervient. Mais pas toujours. Pour le goal, seul l'attaquant compte. Il faut le regarder, lui montrer qu'on est là. S'avancer, faire barrage de son corps. En une fraction de second tout se joue, un, deux, trois mouvements de bras et le ballon fuse. Il ne reste plus que le ballon. Comment est le tir? Tout en puissance? Pas si simple, un joueur a plusieurs cordes à son arc, il peut mettre de l'effet. Le ballon va vite, si vite. Il faut l'arrêter. L'adrénaline monte. Je lance toute mon énergie. Je me déploie, mes mains, mes pieds se tendent vers lui. Vais-je sentir son souffle le long de ma main sans parvenir à le stopper? Ou vais-je le sentir lui, me heurter la main, le pied, la jambe? Oui, le sentir, pas le voir. Je ne sais pas comment sont les autres gardiens mais, pour moi ça va trop vite, je ne peux que deviner la trajectoire et essayer de la couper. Si c'est réussi tant mieux. Un sentiment de satisfaction m'envahi. J'ai gagné mon duel. Mais, l'action ne s'arrête pas là. Un gardien de hand bloque rarement un ballon. Immédiatement il faut se reconcentrer. Où est le ballon? Un attaquant pourrait le récupérer. Le trouver des yeux, prendre une décision, essayer de l'attraper ou, se replacer pour faire face à un nouveau tir. Au mieux, je le récupère. Mais, ce n'est toujours pas fini. Une contre attaque est possible. Tout le monde le sait. Chacun tente de reprendre sa place. Au gardien alors de lire le jeu : jeter la balle loin en avant vers un coéquipier démarqué ou, la redonner tranquillement aux arrières pour repartir sur une phase de jeu construite. Il faut prendre une décision rapide. Le gardien devient alors le premier attaquant, c'est lui qui lance l'action. Enfin, ça c'est le scénario idéal. Celui de l'arrêt. Mais, ce n'est pas toujours le cas. Loin de là. Souvent le tireur marque. Le duel est perdu. Perdu pour cette fois. Il y a un petit moment de flottement. Mais, ça ne doit pas durer, il ne faut pas se laisser abattre. Tout de suite, se remettre dans le match, se reconcentrer.
C'est intense une phase d'attaque. L'effort, la concentration est soutenue. Puis, la balle part dans le camp adverse et, le gardien peut souffler quelques minutes. Reprendre ses esprits. Sans pour autant quitter le ballon des yeux. Un contre est vite arrivé.
Quand je dis que je suis gardien de hand souvent, on m'interroge. N'as-tu pas peur? Un ballon lancer à bout de bras ça fait mal. Mais, je vous le demande, quel intérêt aurait l'attaquant de tirer sur le gardien? Ce n'est pas comme ça qu'il marquera un but. Bon c'est vrai que ça arrive tout de même. Le choc n'est pas si violent, ça frite un bon coup mais, ce n'est pas si grave, on repart. Sur le terrain, les risques existent aussi. Un bras coupé en plein élan, une cheville qui se tord, c'est toujours possible et, ça fait mal aussi.
Non vraiment, j'aime jouer gardien. J'aime ces duels. Surtout quand je les reporte ;-) Surtout quand un joueur un peu malin a donné une trajectoire bizarre à son ballon. L'intercepter est alors un défit. Mais quel plaisir d'aller chercher cette balle. Bon en même temps, je ne suis pas devenu un grand sportif. Je n'ai qu'un entraînement par semaine et encore, je ne peux pas y aller à chaque fois. Mais quand j'y vais, je prends du plaisir.
Et l'an prochain, que faire? Continuer comme ceci? Jouer en club? Tout est envisageable